Et si on se disait la vérité? 🤷🏽‍♀️

Avant-propos.

« Célibataire mode d’emploi », c’est le titre d’un de mes films préférés, que je considère d’exception.

Là, vous vous demandez pourquoi je vous parle d’un film où on parle surtout de la vie de célibataire, j’y arrive.

Dans ce film, on montre une certaine facette de l’accouchement, comme dans tous vous allez me dire, où on crie, pleure, et ça va genre méga vite. La bonne femme accouche en trente minutes chrono, le bébé est « beau », bien rosé, sans oublier que la femme est bien coiffée, bien maquillée.

Avant d’accoucher, je n’imaginais sûrement pas sortir de là coiffée et encore moins maquillée 😅. Mais j’imaginais ça comme une douleur atroce, comme dans les films.

Et si on en parlait plus ouvertement? Pourquoi nous cache-t-on certaines choses qui pourraient nous être utiles afin de nous préparer au « pire » comme au meilleur?

Avec beaucoup de recul, je vous ouvre les portes d’une partie de mon vécu. Je réponds à certaines de vos questions et je me décharge un peu mentalement d’un poids difficile à porter depuis 4 mois.

Lundi 3.

Dernier rendez-vous chez mon gynécologue. Monitoring, on vérifie tout, il décroche son téléphone:

« Il me faudrait une place mercredi 5… Renard… Nanau… 17 Juillet 1994… 39SA6J… »

C’était fait. J’accoucherais grand maximum le 6 décembre. Date du terme en soi. Bébé était trop gros pour mon bassin, on voulait éviter la césarienne pour question médicale, on devait donc prendre les choses en main.

« Vous rentrerez à minuit 10, la nuit de mardi à mercredi. Avec ces papiers-là. »

Est-ce que j’étais prête? Je pense que l’on ne l’est jamais vraiment. Il a continué à parler, je pense qu’Amandine écoutait plus que moi. J’étais mitigée, apeurée. Je me repassais ma grossesse en boucle, les soucis, et le souci majeur.

J’appréhendais cette rencontre que j’avais tant attendue mais surtout j’avais peur de ne pas être à la hauteur pour Marceau qui n’avait rien demandé.

Mardi 4.

Impossible de me reposer, j’ai enchainé le mardi et le mercredi en dormant maximum trois heures.

J’ai passé la journée avec Lory, rejoint par Antoine, Manon, Margaux et Jérôme.

Comme durant ma grossesse, j’ai été entourée jusqu’à la fin (mais encore maintenant).

Une dernière sieste « seule » avec Lory, un dernier MacDo « seulement » avec mes amis, une parole qui m’a mit la boule au ventre (dans le bon sens) de la part de la maman de Margaux, on boucle les valises et direction Saint-Vincent.

Le Jour-J.

Minuit, on arrive à l’hôpital.

Mon ressentit était bizarre. Ici tout était programmé, je savais donc pertinemment que c’était la dernière fois que j’allais à la maternité, que c’était la fin de ce périple, et que je sortirais de là avec mon mini-moi.

Je regrettais un peu de ne pas avoir eu la chance de perdre les eaux quelque part, que ça ne se soit pas déclenché tout seul. Je le regrette toujours d’ailleurs mais on ne peut rien y faire.

On m’a amenée avec Amandine dans la chambre de travail qui était énorme. Je réalisais pas. J’ai reçu le premier médicament à 1h. C’était désagréable et ça m’a fait mal. J’ai même cru qu’elle avait mal fait ça.

Le temps passe, mais il ne se passe rien. Je me promène dans l’hôpital, rigole avec Antoine, Amandine et Margaux. Comme si tout était normal ☺️.

Je n’avais quasi pas dormi. Je pense que j’ai dormi style 30 minutes. En même temps, quand vous savez que vous allez devenir maman, vous n’avez pas vraiment envie de ça. Par contre, j’avais des potes très… fatigué? 😂

On me remet un médicament à 10h. Mais rien…

Pendant ce temps, Mado demande si elle peut assister à l’accouchement, un grand oui vu qu’elle fait des études de sage-femme, je suis rassurée.

J’avais de la chance, j’avais un ami qui faisait ses études de médecine qui s’était arrangé pour être en stage à la maternité cette semaine là, il a donc pu assister à mon travail, j’étais bien entourée.

Le temps passe, on vient me voir vers 14 heures je pense pour me dire que ça n’avance pas, qu’on doit percer la poche des eaux. À la base, mon gynécologue m’avait dit que tout serait fini dans l’après-midi, mais comme je ne fais jamais rien comme les autres…

On m’installe un cathéter, on perce la poche, on dirait un élastique qui claque 😅. Et puis, inondation 😂. Une sensation désagréable. En plus, pour ne rien cacher au glamour de la situation, j’avais une superbe culotte pour tout absorber. Un lange en soi, mais vu la quantité de liquide, on sait ce que ressent un bébé dans un lange remplit 😅🤷🏽‍♀️.

Au début, on se dit: « Cool, ça fait rien en fait, je gère… »

Viens ensuite la partie comique, les contractions… Je ne voulais pas de péridurale, raison personnelle.

Au début, on supporte. Après, j’ai eu droit à un ballon. Mado s’est placée de l’autre côté du lit, on se tenait les bras, elle me parlait. Franchement, c’était ok. Oui j’avais mal, mais j’imaginais une scène de vagues dans ma tête, j’inspirais, j’expirais. Ça passait. Et puis le drame… « Tu as bien tenu 9 mois, c’est bientôt fini. »

J’explose en larmes, de fait j’avais tenu 9 mois, mais comment? Je ne le savais même pas moi-même. Quand une femme souffre autant, il faut bien faire attention à ce qu’on dit, ce qu’on fait. Impossible de me ravoir, je perds pied. On appelle la sage-femme, on demande le bain.

Le bain est censé apaiser les contractions, c’est l’effet premier que j’ai eu. Avec la musique, les jets et les couleurs, on peut se recentrer sur notre respiration et sur nous-même. Problème, Marceau bougeait entre les contractions, j’ai reperdu pied et le bain ne servait plus à rien. J’ai tiré la sonnette d’alarme. Honnêtement, je ne savais pas ce que je voulais. Si, rentrer chez moi 😂.

Je suis sortie du bain, j’ai demandé une chaise roulante. Elle me disait que je devais marcher jusque la chambre, c’était impossible. Je pense que je me suis énervée sur elle, je ne sais plus trop, je n’étais pas bien du tout.

On m’a ramenée à ma chambre, je ne sais plus comment on m’a mise sur le lit. On a regardé mon col, j’étais à 3, oui 3. Il était quoi? 16 heures? Je ne sais vraiment plus, j’étais mal, dans les vapes.

« On doit vous faire la péridurale sinon vous serez trop fatiguée et ça n’ira pas. Ok madame? Madame? »

Apparement j’ai répondu oui. Je me souviens qu’on m’a assise, que je devais dire quand une contraction venait. On m’a fait la péridurale, je me suis couchée, je ne répondais plus. J’étais absente, totalement. Je me sentais faible. On me posait des questions, je répondais par un oui. Un « oui » de fou moi la paix j’en ai marre. Je n’en pouvais plus. Je me suis endormie.

Pour répondre à une question, je n’ai pas eu mal quand on m’a posé la péridurale. Maintenant, j’étais ko, il faut tout prendre en compte.

Je me suis réveillée vers 19h, dans le noir. Mado m’a dit ce qu’il s’était passé, ça restera entre nous. On est venu m’examiner, j’étais à 8.

Je devais pousser pour agir sur mon col, mais surtout pour faire descendre Marceau qui était encore fort haut. J’avais l’impression de pousser dans le vide.

La sage-femme est revenue une heure après, j’étais à 10. Elle m’a dit que d’ici 30 minutes, on irait en salle d’accouchement.

Mado voulait en profiter pour aller chercher quelque chose à manger. Mais en sortant, elle a entendu la sage-femme dire qu’on devait appeler le gynécologue, que j’étais prête. Elle a fait demi-tour directement, elle est rentrée avec un grand sourire dans la chambre: « C’est maintenant! »

Il était 20 heures, j’étais épuisée, je pensais à énormément de chose. C’était la fin d’un calvaire, le début d’une nouvelle aventure. Je ne réalisais pas vraiment que j’allais enfin avoir mon bébé bonheur dans mes bras.

Les sages-femmes et mon gynécologue sont venu nous chercher. On m’a placée sur la table d’accouchement et on m’a expliqué ce que je devais faire.

Je pense avoir poussé 8 fois, j’étais ko. Je sais que je le dis souvent mais je pense que c’est impossible pour vous à imaginer. Marceau avait une trop grosse tête donc on a dû me faire une épisiotomie. Comme j’étais tellement fatiguée, on a prit les forceps pour pouvoir le sortir. Je remercie Mado dix milles fois. Sans elle, j’accouchais pas. Elle a été présente comme jamais.

20 heures 22, on m’arrête. « C’est votre sang. » Et là, on me dépose un bébé sur le bas de mon ventre. Un bébé qui a grimpé vers moi directement. Un bébé qui ressemblait à l’échographie 3D. Mon bébé.

Mado pleurait, j’ai demandé s’il était beau, elle me dit que oui.

Je l’ai eu un peu sur moi, ensuite on lui a fait ses soins durant le moment où on me recousait. Je pense que c’était le moment gênant. On est là, jambes écartées, tout est fini mais on doit « finir le travail ».

J’ai eu ensuite Marceau durant une heure trente en peau à peau. On devait nous garder en observation avant de monter en chambre.

Durant ce temps, j’ai téléphoné à ma maman qui n’était au courant de rien. Je lui ai dis: « 3kilos335, 52 centimètres. »

J’ai envoyé des photos à mon papa qui était aux Philippines, à ma Mamy au Maroc, et à ceux qui m’étaient chers.

J’ai pu faire la tétée de bienvenue. Je voulais allaiter si je m’en sentais capable, aujourd’hui je suis presqu’à 4 mois d’allaitement. Je suis fière de moi pour ça.

Un petit bilan?

Attention, je parle ici de mon ressentit.

Je me suis sentie robotisée. On a tout fait pour que j’accouche au plus vite, j’étais la dernière en chambre de travail, j’ai l’impression que ça dérangeait.

On m’a fait la péridurale alors que j’étais contre. Après je me suis sentie super faible. Je n’ai pas eu l’impression d’accoucher, comme dit plus haut, je poussais dans le vie, je ne ressentais rien.

L’épisiotomie était un passage obligatoire dans mon cas, j’ai un gynécologue génial donc ça a été bien fait. Malgré tout, j’ai eu mal durant un mois et j’avais du mal à m’assoir et aussi à tenir sans anti-douleurs.

Pour moi, Marceau n’était pas près à venir. Mais voilà, on devait éviter la césarienne donc il a bien fallu forcer les choses.

Est-ce que j’ai pleuré à son arrivée? Je pensais que ça allait être le cas mais non. Pas que je n’étais pas heureuse, que du contraire, mais je ne suis pas ainsi.

Est-ce que je compte refaire un enfant après tout ça? Oui, au départ je disais non. Mais je me dis que je ne saurais jamais avoir pire que ce que j’ai vécu.

Je remercie toutes les personnes qui ont été, et sont encore présente pour moi à l’heure actuelle. Marceau et moi avons beaucoup de chance de vous avoir dans nos vies. On vous aime ♥️

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